Le haïku avec les enfants

Le haïku, petit poème traditionnel japonais est une source d’inspiration, d’étonnement, de méditation pour moi, et j’aime partager ce regard avec les enfants.

Le haïku ou : comment exprimer une profondeur, une sensation, une contradiction avec les mots les plus justes, les plus purs. Il est très éloigné, pour moi, de la poésie que les enfants ont l’habitude de côtoyer à l’école, avec les rimes, les jolis mots ( pompeux?), les fioritures, les métaphores et figures de style en tous genres. J’aime la poésie classique occidentale aussi, mais le haïku a une autre résonance par son ancrage.

Écrire un haïku avec un enfant:

  • Lire des haïkus et faire ressentir à l’enfant la forme et le fond, l’émotion, le sens ,mais aussi la structure ( on peut commencer à compter les syllabes)
  • Faire dessiner à l’enfant à main levée 3 lignes horizontales : une courte, une longue et une troisième courte qui représenteront les 3 vers du Haïku.
  • Le haïku peut avoir plusieurs thèmes liés à la nature, les éléments, les saisons, les animaux… Il exprime un moment vécu sensoriellement ( Vu, entendu, senti, ressenti) par l’auteur. Le mieux serait de pouvoir écrire dès que l’on vit ce moment: un rayon de soleil sur une goutte de pluie, le chant solitaire d’un oiseau, le vent sur sa peau mouillée après la pluie… les sources d’inspiration sont si nombreuses! Mais choisir le souvenir d’un moment vécu, un émerveillement du quotidien sera parfait aussi.
  • Une fois le moment choisi, donc le sujet choisi, aider l’enfant à se remémorer précisément ce moment, les ressentis, revivre en quelque sorte cet épisode. L’adulte peut prendre en note ce que pendant dira pour l’aider ensuite.
  • Voici le moment de passer à l’écrit. 3 vers de 5 syllabes, 7 syllabes, 5 syllabes. ( on peut tricher avec les « e » muet ). S’il manque 1 syllabe ce n’est pas bien grave, le but est de garder le rythme, la forme générale. Chaque vers a une entité propre, n’est pas la suite du vers précédent. Alors on peut chercher 3 idées en progression, comme une histoire ou comme un zoom ou une prise de recul, ou une contradiction, ou une surprise ( ha c’est un chien! ha il est dans son jardin…)
  • Premier jet. Je préfère l’utilisation d’un stylo non effaçable pour garder la trace de l’évolution de l’écrit. Le premier écrit est souvent trop plein de fioritures et on réduira petit à petit pour ne garder que l’essentiel. Les déterminants sont souvent inutiles, les enlever rajoute un style très sympa ( exemple: une immense montagne toute blanche de neige devient: Montagne enneigée). Le temps de conjugaison utilisé est le présent.
  • On compte, on coupe, on change, et on arrive au résultat recherché avec bonheur.

L’écriture du Haïku permet un ancrage dans le temps présent, valorise la rêverie ( ha enfin!) et aide à l’émerveillement au quotidien, alors allons-y et surtout ne le transformons pas en exercice de comptage de syllabes et de correction de l’orthographe…

Il ne restera qu’à illustrer notre écrit par du sumi-e, peinture à l’encre de Chine.

Yann, 7 ans
Tim, 9 ans
Pauline, 12 ans
Zoé, 7 ans
Adam, 9 ans
Antonin, 7 ans

ATELIERS pédagogiques « Un voyage au Japon »

Mardi 25 août et mercredi 26 août ( une date au choix) les enfants pourront vivre un moment de collectivité, de coopération sur le thème du Japon.

Lors de chaque atelier les enfants s’initieront à l’art du Haïku, à la peinture à l’encre de Chine ( Sumi-e) et à l’origami, de 3ans à 12 ans.

Vous trouverez tous les détails sur le site, rubrique  » ateliers pédagogiques ».