Lutter contre la peur de l’échec chez l’enfant

Un certain nombre d’enfants souffrent de la peur d’échouer, une peur qui peut paralyser et conduire à des difficultés scolaires et à une perte de confiance en soi.

Ci-dessous, dans une première partie, je vous indique 5 grandes raisons expliquant cette peur d’échouer et quelques astuces pour lutter contre elle dans une seconde partie.

Des raisons de craindre un échec

1-Décevoir ses parents

La première raison est certainement de décevoir les parents. Ils semblaient si fiers ces parents lorsque l’enfant s’est élancé sur son vélo et puis l’enfant est tombé. Malgré eux, petite moue de déception bien vite effacée. L’enfant la perçut…

Si l’enfant tombe encore et encore, s’il se trompe encore, les parents sont déçus malgré eux… Une angoisse étreint la gorge de l’enfant : et si bientôt ils ne l’aimaient plus parce qu’il n’est pas l’enfant dont ils ont rêvé ?

Ne nous y trompons pas, même l’enfant qui affirme qu’il « s’en fiche » se moque rarement que ses parents soient déçus…

Pour ne pas décevoir certains vont jusqu’à se saborder, au moins on pourra dire que « s’il voulait, il pourrait« … Il agace, mais dans son esprit il a peut-être moins de risque de perdre l’amour de ses parents.

2-Passer pour un « nul », être « nul »

Les copains y arrivent et pas lui… Bon sang ce que c’est compliqué... Pourquoi est-ce que les autres y parviennent et pas lui ? L’enfant ne sait pas que nous n’avons pas tous le même bagage initial, certains ont plus de facilités que d’autres. L’enfant ne sait pas que chacun a un rythme différent et que si le copain réussit plus vite à pédaler, lui saura peut-être lire plus tôt.

Echouer, est-ce que c’est être « nul« ?

Echouer, est-ce que ça veut dire que les autres vont penser qu’on est « nul » et donc à fuir…

3-A l’école, échouer peut signifier être séparé(e) de ses copains ou copines

Un redoublement peut impliquer une séparation… J’ai le souvenir d’une amie en difficulté scolaire et très angoissée à l’idée d’être séparée de moi… En plus de toutes ses autres angoisses, en plus de ses difficultés, la peur d’être séparée renforça la peur d’échouer… et elle échoua, redoublant, un redoublement qui nous a séparées…

4-Avoir des difficultés d’apprentissage, est-ce que c’est être condamné(e) à l’échec ?

L’enfant ou l’adolescent s’accroche, il se concentre ou du moins il essaie. Il échoue.

Il essaie d’apprendre, de comprendre. Il échoue.

Il semble abonner aux échecs, échouera-t-il toujours ? Echouera-t-il sa vie ? Echouera-t-il dans le coeur de ses parents?

L’angoisse gronde… tempête… le submerge…

5-L’anxiété de performance

L’enfant ou l’adolescent concerné par l’anxiété de performance est parfois un enfant avec difficultés d’apprentissage, c’est souvent un enfant à haut potentiel. Cet enfant ou adolescent est extrêmement exigeant avec lui-même, il ne fait jamais assez bien, il n’est jamais assez bon. Un 17/20, il est en larmes ! Il souhaitait la note maximum. Un 12/20 mais quelle catastrophe !  En dessous de la moyenne ? N’en parlez pas, il n’en dormira plus !

Or ces enfants travaillent énormément, ils utilisent leurs compétences, leur intelligence. Si l’enfant a en plus des difficultés d’apprentissage, il fatigue beaucoup plus vite… A un moment M, quelles que soient ses facilités, cet enfant se trouve en difficulté, parfois il est déjà presque adulte… et il s’effondre ! Le pire est arrivé : l’échec.

Parfois bien avant l’anxiété de performance le paralyse chaque jour un peu plus, il peine à se concentrer, il dit qu’il ne se souvient pas, ne réalisant pas tout ce qu’il sait…

Lutter contre la peur de l’échec

1-Peur de décevoir ses parents

N’hésitons pas à exprimer notre affection.

Et lorsque l’enfant échoue, dédramatisons, un sourire complice est un bon moyen de signaler notre affection.

De temps à autre parlons de nos propres échecs. L’enfant comprendra que nous aussi nous sommes imparfaits.

Après un échec perturbant n’hésitons pas à proposer une activité que l’enfant réussira certainement.

2-Passer pour un nul, être nul

Montrons à notre enfant que le petit copain a mieux réussi que lui à pédaler mais que lui réalise de superbes constructions, que chacun est différent.

Nous pouvons également lui montrer des petits d’animaux afin qu’il voit qu’eux aussi n’évoluent pas au même rythme. Chacun de nous a des points forts et des points faibles.

Si les copains se moquent, proposons-lui d’ignorer les moqueries ou pourquoi pas parfois d’en rire avec eux. J’ai su pédaler à 10 ans, on a ri de moi, certains n’étaient pas sympas, mais ça ne durait pas car j’étais aussi la meilleure élève de la classe et quand j’étais avec mes amies, j’étais détendue, elles ne riaient jamais car je plaisantais de mes chutes.

3-Etre séparé(e) des copains/copines

Parfois c’est une réalité lorsqu’il y a changement de classe et d’établissement. Un changement de classe n’automatise pas une séparation car les enfants peuvent se retrouver sur la cour de récréation. En cas de changement d’établissement, essayons de maintenir le contact.

Essayons surtout d’apprendre à l’enfant à ne pas trop anticiper. Qui sait s’il redoublera ? De bons outils, une aide adéquate permettent régulièrement de vrais progrès.

4-Les difficultés d’apprentissage

Complexes ces difficultés, parfois pourtant elles sont seulement momentanées, n’hésitons pas à le dire à l’enfant.

D’autre part n’identifions pas l’enfant à ses troubles, il n’est pas une particularité, il est un enfant avec des troubles particuliers. Et surtout évitons de lui dire qu’il est handicapé et qu’il n’y arrivera pas… Oui il a des difficultés, oui elles peuvent l’handicaper dans certains aspects de sa vie, mais il n’est pas seulement ça, il a bien d’autres qualités, il ne peut donc être réduit à un handicap qui parfois d’ailleurs passe quasiment inaperçu lorsque l’enfant devient adulte. Pour ma part je cite très souvent des personnes célèbres qui sont ou auraient eu un profil avec difficultés particulières. Les enfants aiment penser qu’ils sont eux aussi un peu exceptionnels et ils le sont !

Difficile de garder confiance, mais l’enfant a besoin qu’on croit en lui. Saviez-vous que différentes expériences ont été menées et que des enfants avec une intelligence « standard » avaient obtenu d’excellents résultats parce qu’on les avait présentés comme des enfants très intelligents ? La confiance a un impact fondamental sur le fonctionnement du cerveau.

5-L’anxiété de performance

Pour l’enfant très (trop) perfectionniste, invitons-le à relativiser. Quels sont les résultats des autres ? A-t-il fait de son mieux ? Son résultat est-il si mauvais ?

Pas évident… Ces enfants tendent à nous répéter que nous pouvons bien dire ce que nous voulons, lui sait qu’il n’est pas assez bon… Dans ce cas rappelons-lui ses réussites et son humanité… rappelons-lui que nous l’aimons aussi parce qu’il n’est pas parfait, que la perfection n’est pas tenable et que ce sont nos failles qui nous rendent humains, attachants et plus performants !

En effet on apprend parfois plus en ayant testé une solution qui ne fonctionne pas et en s’adaptant qu’en ayant aucune difficulté. Le hasard tend à disparaitre lorsqu’on cherche la solution.

Alors, en cas d’échec répété, rappelons-lui  qu’Edison aurait dit qu’il avait inventé 1000 façons de faire une ampoule qui ne fonctionnait pas avant d’en créer une qui fonctionne. Un regard différent peut tout changer. On peut se voir en échec ou en mode essais-erreurs-réussites.

Un peu de relaxation ne sera pas inutile. Trois exercices sont à tester chez « Les défis des filles zen » et très bientôt un peu de lecture sur le blog pour apprendre à se détendre. 🙂

Et sur le même sujet retrouvez le billet de Papa positive.

 

 

6 réflexions sur “Lutter contre la peur de l’échec chez l’enfant

  1. L’anxiété de performance… ici mon petit garçon de 5 ans en souffre quotidiennement. Il n’est pas facile de modifier sa façon de voir les choses. Mais il est vrai qu’en lui disant que de mon côté je n’attend rien d’autre qu’il fasse de son mieux, il s’apaise et relâche un peu la pression. Une phrase que toute les mamans d’enfants à haut potentiel devrait avoir dans leurs trousses de réassurance 🙂

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    1. Bonjour et merci pour ton commentaire. 🙂 L’une de mes enfants est également concernée alors j’ai eu l’idée de lui réaliser un petit montage photo avec quelques mots au-dessus d’une image symbolisant une réussite. Bon dimanche !

      Aimé par 1 personne

  2. Bonjour, ici ma dernière (4 ans) ne souffre pas d’anxiété de performance, en revanche, elle est très perfectionniste, et elle est très souvent déçu de ses prestations au niveau du graphisme (« maman, ma main de veut pas faire comme je veux »)… du coup, pour lui permettre de s’entraîner encore et encore sans garder de traces de ses « échecs », je plastifie des fiches : elle peut effacer quand elle n’est pas satisfaite et recommencer autant de fois qu’elle le désire… ça fonctionne plutôt bien, elle accepte maintenant de ne pas réussir du premier coup, elle a aussi compris, que parfois, avant de réussir, il faut s’entrainer, et que d’autres fois, il faut simplement attendre un peu que son corps soit prêt…
    Sinon, notre posture est importante aussi, je ne considère pas les erreurs comme des échecs, mais plutôt comme des essais « ratés », qui méritent qu’on y réfléchisse pour les transformer en essais « réussis » (tout de suite ou plus tard, ça n’a pas d’importance)… je pense sincèrement que ça aide dans la relation des enfants vis-à-vis de leurs propres erreurs… malheureusement, à l’école, l’erreur n’est pas souvent un moteur d’apprentissage, c’est même plutôt l’inverse, ce qui a beaucoup dérouté mes 2 plus grands quand ils étaient scolarisés et créé une anxiété de performance, la crainte de passer pour un(e) nul(le) et de décevoir la maîtresse / les parents (puisque la maîtresse avait un discours plutôt culpabilisant du style « tu vas voir quand tu vas montrer ton cahier à tes parents, ils ne vont pas être fiers »…)
    Myhal

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    1. Merci pour ce retour Myhal. Excellente idée les fiches plastifiées qu’elle est libre de recommencer !
      Quant à la réaction de la maitresse, c’est dommage et dommageable c’est vrai, probablement n’a-t-elle pas réalisé la portée de ses paroles… Certaines personnes s’en moquent mais lorsqu’on explique ce qu’il en est à d’autres personnes elles prennent conscience qu’un tel discours n’incite pas toujours à prêter plus d’attention à ce qui est réalisé et qu’il culpabilise inutilement l’enfant.
      Tout à fait d’accord avec le fait de parler d’essais plus que d’échecs. 🙂
      Bonne fin de journée !

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