Gestion mentale : Les grands projets de nos petits, Antoine de La Garanderie

Dans la continuité de « 3 moyens pour déterminer la dominante de votre enfant visuelle, auditive ou kinesthésique de votre enfant« , je vous invite à découvrir la gestion mentale via le livre d’Antoine de La Garanderie.

Qui était Antoine de La Garanderie ?

Enseignant et chercheur pédagogue né en 1920 (décédé en 2010) , Antoine de La Garanderie s’intéressa en particulier aux raisons de l’échec et de la réussite des élèves. Pour lui, il est apparu comme indispensable de tenir compte des processus cognitifs afin de bien apprendre, il réfléchit alors à une stratégie appelée « gestion mentale » dont nous reparlerons après la présentation de l’ouvrage.

Présentation de l’ouvrage

« Des projets pour nos enfants, nous en faisons tous. N’est-ce pas une façon de leur dessiner un avenir? Mais s’imagine-t-on qu’eux-mêmes ont des projets et ce, dès la première année de leur vie? Partant de cette observation, Antoine de La Garanderie nous invite à nous mettre à l’écoute des petits pour que nous les aidions à mettre en œuvre leurs projets. Ceux-ci évoluent selon le développement et l’âge de chacun. Plus encore, si nous voulons rendre notre aide véritablement efficace, nous devons leur proposer des moyens adaptés à ce qu’ils sont capables de faire et d’apprendre selon leurs profils particuliers. Illustrant son propos avec de nombreux exemples, Antoine de La Garanderie propose ici aux parents et aux éducateurs une démarche féconde et originale pour accompagner l’enfant dans ses premiers apprentissages et lui donner confiance en lui-même. »

Précisions supplémentaires sur « Les grands projets de nos petits »

Dans cet ouvrage Antoine de La Garanderie conseille d’opter pour une pédagogie de projet ainsi les apprentissages sont centrés autour des intérêts et projets de l’enfant. L’enfant s’intéresse à la mer ? Et bien voyons comment l’accompagner autour de ce thème, comment l’aider à aller plus loin, à créer des projets.

Mais sa pédagogie est également centrée autour du profil de l’enfant. Ainsi il identifie 3 profils : visuel, auditif et kinésique. On ne s’adressera ainsi pas de la même façon à un enfant visuel qu’à un enfant auditif et kinésique. Méconnaître leur mode de fonctionnement, c’est risquer de conclure qu’il « n’écoute pas« , risquer également que des troubles d’apprentissage apparaissent. Ainsi un enfant auditif aura besoin qu’on lui dise les choses, qu’on détaille étape après étape (c’est le profil essentiellement pris en compte dans une école classique) tandis qu’un enfant visuel aura besoin qu’on l’aide à reformuler sa pensée en détaillant ce qu’il voit et qu’un enfant kinésique aura besoin de ressentir les choses dans son corps et ses sensations.
Année après année jusqu’à 6 ans, Antoine de La Garanderie donne ainsi quelques conseils pour tenir compte de ces différents profils et favoriser les évocations nécessaires aux divers apprentissages.

Découvrir la gestion mentale

Un site : Institut International de Gestion Mentale

Bibliographie, informations complémentaires sur Neuropédagogie.

En gestion mentale l’enfant ou l’adulte est amené à prendre conscience de ses processus cognitifs. La technique s’appuie sur l’attention, la mémorisation, la compréhension, la réflexion et l’imagination créatrice.

Mes commentaires

Lorsque j’ai découvert Antoine de La Garanderie il y a quelques années déjà, j’étais enthousiaste ! Enthousiaste car cet homme s’intéressait aux moyens de comprendre et retenir, enthousiaste parce que j’étais persuadée que des clés étaient proposées là puisqu’effectivement j’avais pu constaté que chacun de nous raisonnait, fonctionnait et retenait différemment.

Il me restait alors à expérimenter et observer.

Premier constat : évoquer ses processus cognitifs au cours d’un projet freine l’enfant.

Demander à l’enfant de prêter attention à ce qui se passe dans son cerveau, c’est ralentir l’enfant et à court terme freiner son enthousiasme. L’enfant ne se laisse alors plus habité par le projet et l’apprentissage s’avère moins efficace…

Conclusion : Mieux vaut réserver l’évocation des processus cognitifs au moment où l’enfant cherche à mémoriser une leçon.

Deuxième constat : cumuler les outils dans un protocole trop lourd bloque la mémorisation

Dans le cadre d’un accompagnement individualisé, j’ai rencontré une enfant en difficulté à cause d’un protocole mis en place par son enseignante. Celle-ci venait en effet de découvrir Antoine de La Garanderie et elle avait mis au point une petite liste précise des moyens à mobiliser en fonction des différents profils (visuel, auditif et kinésique). L’enfant volontaire suivait toutes les consignes indiquées par l’enseignante, trop accaparée par les moyens destinés à solliciter les trois profils, elle oubliait ce qu’elle devait retenir…

Conclusion : si vous souhaitez mettre au point de tels outils, cherchez auparavant avec les enfants quels sont les outils qui LUI seront les plus utiles afin qu’il ne s’encombre pas d’un processus ankylosant qui l’empêchera de se concentrer sur ce qui importe : ce qu’il doit retenir.

Troisième constat : Des profils mixtes

Si nous avons tous une dominante, nos processus cognitifs ne s’arrêtent pas à une dominante et il est important de ne pas penser uniquement en termes de visuel, auditif ou kinésique donc de ne jamais refuser un outil qui interpelle. Pour ma part je prône aussi l’auto-observation pour mieux apprendre et retenir.

Quatrième constat : des outils pour lutter contre la dysphasie ?

Antoine de La Garanderie évoque Einstein, le fait qu’il ait parlé tardivement (5 ans), qu’il pensait en images (profil visuel) et donc n’avait pas besoin ni envie de parler, que c’est dans un second temps que l’évocation sonore est intervenue ; à titre personnel j’ai déjà fait le même constat à plusieurs reprises.

D’une part cela va donc dans le sens d’un non affolement : un enfant peut parler tardivement sans être dysphasique. 🙂

D’autre part, je n’ai pas encore pu tester, mais je me demande si en adaptant le langage pour s’adresser à  un enfant qui parle peu, ça ne pourrait pas modifier les choses, les aider davantage. Par exemple pour un enfant visuel, si on souhaite éviter qu’il marche dans une flaque on situera la flaque, on pourra la décrire. En développant ce vocabulaire, l’enfant développera sa banque de mots. En clair l’idée pour aider un enfant dysphasique serait d’utiliser un langage adapté, un langage basé sur la description et la localisation s’il est visuel, sur ses sens et ce qu’il fait s’il est kinesthésique.

Si vous avez une expérience dans ce domaine, si vous avez tenté, n’hésitez pas à nous faire part de vos retours, ça m’intéresse ! 🙂

2 réflexions sur “Gestion mentale : Les grands projets de nos petits, Antoine de La Garanderie

  1. Bonjour,
    Il y a quelques années, je m’étais intéressée aux travaux d’Antoine de La Garanderie, mais pas de manière approfondie, en « touriste » on pourrait dire.
    J’avais découvert que mon fils (13 ans actuellement) était principalement auditif à la 3ème personne à l’époque (il avait besoin d’un répétiteur pour apprendre ses poésies, par exemple)… un peu plus tard, il est devenu auditif à la 1ère personne (plus besoin de répétiteur)… maintenant, il n’a plus besoin de lire à voix haute, il s’entend dans sa tête… il entend même des conversations complètes… mais pas seulement, il visualise aussi (il « voit » sa leçon, il « tourne » les pages dans sa tête), tout comme il peut me dire qu’une leçon « sent la pomme », parce que quand il l’a apprise, je faisais une compote de pommes… en fait, quand il mémorise réellement, il évoque tous ses canaux…
    Donc, même si nous avons un canal d’évocation principal, je pense, que les autres se développent aussi (si on leur en laisse l’occasion), mais peut-être à un rythme différent…
    Ma deuxième (10 ans) est principalement kinesthésique (mais aussi probablement dyspraxique… diagnostique en attente)… et là, le canal principal est plus difficile à déterminer, tout comme la mémorisation (parce qu’avoir besoin de « faire » les choses pour retenir, tout en étant « maladroit » pour les faire, il faut avouer que ça n’est pas simple…)
    Ma dernière a 4 ans, je ne sais pas quel est son canal d’évocation principal, ça n’a pour moi aucun intérêt pour le moment, puisque je lui propose les 3 « entrées » presque systématiquement, en commençant par la manipulation
    D’ailleurs, en y réfléchissant, on revient presque toujours à la manipulation quand un enfant est en difficulté (kinesthésie ?)

    J’ai l’impression aussi que les différents canaux évoluent au fil du temps, en fonction de nos expériences, de nos habitudes… de notre maturation neurologique peut-être ? D’ailleurs, je dirai que les petits (moins de 3 ans) sont plutôt kinesthésiques, alors qu’en grandissant, on ne retrouve que 5% de personnes kinesthésiques (de mémoire, je ne suis pas sûre du chiffre)…
    D’ailleurs, il me semble que le canal principal pour la majorité des gens et le canal visuel ; canal favorisé par l’école, puisqu’en classe, il ne faut pas faire de bruit ni bouger (de manière générale).

    Au final, je pense que rien n’est figé, et qu’il faut faire attention à ne pas s’enfermer (ou enfermer un enfant) dans un schéma d’apprentissage unique

    Bonnes fêtes de fin d’année

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  2. Bonsoir Myhal,
    Merci pour ce retour très complet, étayé et intéressant.
    Concernant la kinesthésie, il s’agit aussi d’utiliser ses sens et émotions et non seulement son corps. Par exemple je suis plutôt kinesthésique et pourtant peu dans le mouvement.
    Cependant je te rejoins je ne suis pas certaine qu’une dominante soit figée dans le temps et je ne crois pas non plus qu’il faille se contenter d’une dominante.
    Selon moi le principal intérêt de connaître une dominante est de faciliter certains nouveaux apprentissages, pas de s’y limiter. 🙂

    Très bonnes fêtes de fin d’année !

    J'aime

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