Dysphasie : cet enfant qui ne parle pas

Dysphasie : repères temporels

  • 2 ans l’enfant ne répète pas les syllabes. Aurait-il des problèmes d’audition?
  • 3 ans et l’enfant ne sait toujours pas associer deux mots, il parle souvent par onomatopées et/ou peu de sons sortent de sa bouche… Il ne semble pas comprendre une consigne simple. La peur arrive : serait-il autiste ?
  • 4 ans, l’enfant ne parvient pas à assembler 3 mots, il déforme les mots, le langage semble lui poser problème.
  • 5 ans les mots s’emmêlent, ses phrases sont bancales, il déforme les phonèmes et ne comprend pas les histoires simples.
  • 6 ans il est toujours difficile de le comprendre. L’inquiétude, l’angoisse pour les parents : cet enfant pourra-t-il communiquer avec les autres?

Un tableau développé par l’académie de Reims (lien) vous permet de suivre un peu plus précisément l’évolution moyenne d’un enfant.

La dysphasie, qu’est-ce que c’est ?

La dysphasie est un trouble durable de l’apprentissage, du développement, de la compréhension et/ou de l’expression du langage oral.

Contrairement à la crainte évoquée au début de ce billet, la dysphasie n’est pas systématiquement liée à l’autisme. Un enfant peut être dysphasique sans être autiste.

Dysphasique ou non ?

Avant tout diagnostic il importe de consulter un ORL afin de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un problème d’audition. Bien des petits souffrent d’otite à répétition qui peuvent bloquer momentanément leur audition et par conséquent retarder leurs progrès langagiers.

D’autre part l’enfant souhaite-t-il parler ? Un de mes frères a parlé à 5 ans. Avant il s’agissait essentiellement d’onomatopées, d’un langage en apparence déformé. En réalité il communiquait avec moi dans une forme de langage unique, un langage à nous seuls. Sans doute connaissez-vous la blague de l’enfant qui ne parle pas pendant des années et qui tout à coup ouvre la bouche pour se plaindre que sa soupe est froide. Lorsqu’on lui demande pourquoi il ne parlait pas avant, il répond « Parce que le service était impeccable« .

Une autre piste à explorer est l’univers langagier de l’enfant. Il est en effet important de s’adresser à l’enfant, de l’encourager à parler en l’écoutant, en sollicitant son avis.

Enfin certains enfants sont perfectionnistes et attendent de maitriser le langage pour créer des phrases élaborées. Avant ils parlent peu, par mots isolés.

Alors quand faut-il s’adresser à un orthophoniste ? Tout d’abord il convient de reprendre les repères temporels présentés au début du billet, de leur ajouter quelques mois (chaque enfant n’a pas le même rythme et il s’agit de moyennes) et si manifestement un problème existe, mieux vaut consulter.

En attendant rien ne vous empêche de lui proposer des activités pour développer son langage : jouer avec les sons, chanter des comptines, etc.

Sur Symbolicone vous trouverez des jeux et applications pour développer le langage.

Une vidéo sur la dysphasie

Des associations

Association de parents d’enfants aphasiques et dysphasiques

Association Avenir Dysphasie France

Des livres

Notre meilleur copain. Comment expliquer la dysphasie aux enfants ? de Christophe Chauché
Les dysphasies de Christelle Maillart

Des conseils

  •  Créer un contact visuel afin d’être certain que l’enfant écoute, lui parler à un moment calme (appuyer ou lui demander d’appuyer sur pause s’il regarde un film ou joue à un jeu).
  • Utiliser de préférence des phrases courtes, ne pas hésiter à reformuler et surtout ne pas parler trop vite !
  • L’encourager à reformuler, mais sans que ce soit systématique (ne pas oublier qu’il doit fournir beaucoup d’efforts qui le fatiguent).
  • Enrichir le langage en commentant ce que vous voyez, faites, etc.
  • Si l’enfant se trompe de mots, reformuler, mais ne lui demandez pas forcément de le faire. Il n’y a rien de plus décourageant que d’être sans cesse repris.
  • Photos et pictogrammes peuvent aider à se faire comprendre. Quelques outils sur mille merveilles.
  • En classe, enregistrer avec un dictaphone ce qui est dit et lui conseiller de mettre sur pause dès qu’il en a besoin.
  • Etablir des tours de parole (lorsque l’enfant éprouve des difficultés à savoir quand parler).
  • Imaginer des séances de communication, favoriser le jeu.
  • Le théâtre est un bon moyen de prendre confiance en soi, à condition bien sûr d’expliquer les particularités de l’enfant. Il peut ainsi apprendre à utiliser corps et visage pour s’exprimer et découvrir que certaines phrases simples mais correctement prononcées peuvent permettre une communication active et efficace. 🙂
  • Encourager bien sûr !

Et un dossier là pour accompagner scolairement un enfant souffrant de troubles du langage.

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