7 astuces pour nourrir la curiosité naturelle de l’enfant

Le petit enfant s’active, il a tant à découvrir !

Il observe, teste, se lance à l’aventure du monde ! Bientôt il nous mitraille de questions « c’est quoi ? » et « pourquoi? ». L’enfant est naturellement curieux, insatiable.

Souvent l’enfant n’a aucune envie d’aller au lit, il y a tant à faire, tant à découvrir, à explorer!

Pourtant cette curiosité décline fréquemment lorsque l’enfant grandit…

Cette réalité n’est pas inéluctable, pas même définitive comme nous avons pu le voir hier dans les reportages autour des projets de Sugata Mitra.

Dans ma pratique et sur mon blog, j’invite à nourrir cette curiosité naturelle de l’enfant car si celle-ci n’est pas identique chez chaque enfant, elle existe en chacun d’eux.  Ci-dessous je vous propose donc quelques astuces pour nourrir cette curiosité naturelle.

1- Curieux ou curieux?

Certaines curiosités sont moins appréciées que d’autres. Etre curieux est ainsi parfois connoté négativement. Lorsque notre voisin épie chacun de nos gestes derrière la fenêtre, il est curieux et nous vivons rarement bien cette curiosité qui vise à nous épier sans accord.

En tant que parent ou enseignant on peut craindre qu’à trop encourager la curiosité ce type de comportements inadaptés finissent par apparaitre.

Cependant l’enfant peut être encouragé dans sa curiosité sans devenir un voyeur, une personne indélicate. 🙂

Ainsi lorsque le petit cherche à espionner les voisins, on peut lui expliquer que c’est désagréable pour la personne concernée, le tout est de savoir s’il s’agit de voyeurisme ou d’observation car bien souvent l’enfant regarde sans penser à mal.

Par exemple il peut regarder comment la voisine étend son linge, remarquer qu’elle ne procède pas comme ses parents et que les vêtements semblent d’une seule couleur. « Pourquoi? » peut-il demander. Nous pouvons alors lui expliquer qu’elle craint sans doute que les vêtements déteignent, probable que l’enfant cherche alors à savoir si ses vêtements à lui déteignent et ce qu’est déteindre. De la même façon il peut observer les ouvriers sur la route qui creusent le sol, chercher à comprendre comment ils font.

Il ne s’agit alors pas d’épier l’autre, mais de comprendre, de s’approprier ce qu’il voit pour lui-même, d’apprendre à « faire ».

Et lorsque l’enfant revient en disant « chez les voisins il y a des gens qui sont arrivés« , nous pouvons répondre « ah la voisine doit être contente d’avoir de la visite« . S’il reprend « il y a un papa, une maman et deux enfants« , nous pouvons ajouter « ah une famille sans doute« . S’il continue « ils ont l’air gentils », continuer avec « c’est super, je suppose que tu aimerais bien les rencontrer« . « Oh oui » pourra-t-il dire. « Et bien dans ce cas ne les regarde pas avec insistance, ils pourraient se sentir gênés. Mais tu peux leur sourire et engager la conversation s’ils répondent. »

La curiosité est aussi une occasion d’aller vers l’autre. 🙂

Finalement une saine curiosité est une curiosité où on apprend à décoder les signes de malaise de l’autre. Si l’autre n’a pas envie d’être regardé, apprenons à l’enfant à détourner le regard. Le plus sûr moyen étant d’attirer son regard curieux vers un autre point d’intérêt. 🙂

2-Regarder ce qu’il nous montre

Parfois l’enfant n’attend aucune réponse, il n’a pas de vraie question, il est seulement interpellé par une situation donnée et il attire alors notre attention vers ce qu’il a remarqué.

Nous pouvons alors engager la conversation en disant par exemple « Ah tu as vu cet animal là-bas, est-ce que tu sais ce que c’est? »

Si l’enfant sait, il est heureux de nous l’indiquer. Dans le cas contraire nous pouvons reprendre « c’est un cerf » puis écouter ses autres remarques ou attirer son attention sur ses bois, sa queue, son attitude.

Si l’enfant avait seulement le désir de montrer l’animal, il passera à autre chose. Dans le cas contraire il découvrira le cerf et nous aurons encouragé sa curiosité. 🙂

3-Répondre à ses questions

Si l’enfant n’a aucune réponse à ses questions, il peut se détourner de ce qui l’a interpellé. Si on lui répète « tu m’ennuies avec tes questions« , il apprendra à étouffer sa curiosité.

Mais alors comment agir lorsqu’on ne sait pas, lorsque l’enfant est un curieux insatiable ou lorsqu’on est fatigué ou occupé?

Lorsqu’on manque de temps, on peut lui dire « je suis désolé(e), je n’ai pas beaucoup de temps aujourd’hui » (argument à ne pas utiliser quotidiennement bien sûr sinon il n’a plus de valeur pour l’enfant qui en conclut que nous ne voulons pas lui répondre et que ses questions sont sans intérêt). « Si tu veux, reparle m’en tout à l’heure« .

Au moment où nous sommes plus disponibles, nous pouvons également lui rappeler sa question afin de voir si elle est toujours d’actualité.

Et lorsqu’on ne sait pas, on peut chercher avec lui dans des livres ou sur Internet. On peut également s’adresser à un membre de l’entourage ou pourquoi pas un professionnel susceptible de lui répondre.

4- Lui apprendre à chercher seul

Afin que l’enfant auto-entretienne sa curiosité, il importe également de l’encourager à chercher par lui-même.

« Qu’en penses-tu? », « Est-ce que tu peux deviner pourquoi? ce que c’est? »

Et dès que possible l’encourager à chercher dans des livres ou sur Internet.

Pour avoir vécu personnellement la « tyrannie du questionneur« , très utile pour ne plus être très sollicité(e). 😉

5- Etre curieux nous-mêmes

L’enfant apprend beaucoup par l’exemple. S’il nous voit curieux, désireux d’apprendre, désireux de découvrir, de chercher, il cherchera à nous imiter.

N’hésitons pas à partager certaines découvertes avec lui.
N’hésitons pas à manifester notre enthousiasme face à nos intérêts, nos nouvelles connaissances ou compétences.

6- Le solliciter

En partageant nos propres objets de curiosité, nous sollicitons l’enfant indirectement, il est libre de réagir ou non, il nous entend, il nous voit.

Mais il est également possible de le solliciter directement en lui demandant son avis lorsque notre propre attention est attirée et que nous sommes surpris, fasciné ou interpellé.

De la même façon nous pouvons l’inviter à feuilleter un livre avec nous, à regarder un film ou un documentaire. Nous pouvons également l’inviter à jouer : jeu d’imitation, de construction, jeu de société, jeu sur le net, jeu vidéo…

Les occasions d’exercer sa curiosité ne manquent pas ! 🙂

7- L’inviter à partager

Etre curieux pour soi, c’est indispensable, le moteur de toute chose.

Cependant une curiosité nourrie et partagée entretient et développe encore cette curiosité. Ainsi s’y ajoute le plaisir de partager ses découvertes, de savoir quelque chose que l’autre ne sait pas. S’y ajoute également le plaisir d’apprendre ensemble.

Ces partages permettent également d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion, de curiosité. 🙂

 

 

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